"Mon œuvre est pour le roi ! Je voudrais que ma langue soit comme le roseau d’un habile écrivain." Ps.45.2

Moïse, leader sous pression (Nombres 20.7-12) - 2/8

Quarante ans de plaintes, un coup de bâton de trop : Moïse explose et rate l’entrée en Canaan. Entre fatigue spirituelle et fidélité divine, découvre comment Dieu forme des serviteurs humbles plutôt que des vedettes.

SÉRIE : LES HÉROS IMPARFAITSMÉDITATIONS BIBLIQUES

Thomas Pawlowski

5/15/20253 min temps de lecture

On imagine Moïse, visage irradié de gloire, brandissant le bâton qui a fendu la mer Rouge. Mais quarante ans de désert, de plaintes et de nostalgie pour l’Égypte finissent par fissurer même les plus solides : devant un rocher, le grand libérateur « pète les plombs », frappe deux fois, crie sur le peuple…

Résultat : il n'entrera pas en Terre Promise. Dur…

Apparemment les héros de la foi ne sont pas vaccinés contre la fatigue.

1. Quand le leader craque

Le peuple se plaint encore. Ils veulent de l'eau, ils accusent Moïse de les avoir menés dans le désert pour mourir. Moïse en a marre. Quarante ans qu'il supporte leurs récriminations, leurs rebellions, leurs nostalgies de l'Égypte. Là, c'est la goutte d'eau qui fait déborder le vase.

Dieu parle clairement : “Parle au rocher et il donnera de l’eau” (Nb 20.8). Simple, clair, précis. Mais Moïse est énervé. Il prend son bâton, frappe le rocher deux fois en criant : "Écoutez donc, rebelles ! Est-ce de ce rocher que nous vous ferons sortir de l'eau ?"

Moïse n’en peut plus ; il laisse éclater sa frustration :

« Écoutez donc, rebelles ! Est-ce de ce rocher que nous ferons sortir de l’eau ? » (v. 10)

Le « nous » trahit la dérive : Moïse s’approprie l’œuvre divine, mélange la mission de Dieu et son ras-le-bol personnel. Quand la pression monte, on passe vite de serviteur à propriétaire ; la colère maquille la désobéissance en autorité spirituelle.

Le leadership spirituel, c'est lourd. On attend de vous que vous ayez toujours la bonne parole, la bonne attitude, la bonne réaction. Les gens projettent sur vous leurs attentes, leurs déceptions, leurs frustrations.

2. La grâce coule quand même

Le plus beau dans cette histoire ? L'eau coule quand même. Étonnamment, l’eau jaillit malgré le geste déplacé. Le peuple boit, le bétail aussi : Dieu honore sa promesse même quand son porte-parole déraille. On souffle : ta bourde – ou la mienne – n’assèche pas la source.

C'est l'Esprit Saint qui fait l'œuvre, pas nous. Nos erreurs n'annulent pas sa fidélité. Nos échecs ne stoppent pas ses projets. Il peut même utiliser nos faiblesses pour révéler sa grâce. L’Esprit demeure fidèle ; il bénit les foules même si le leader se trompe.

3. La discipline qui forme

Moïse, lui, encaisse la conséquence : interdit d’entrée en Canaan (v. 12). Sainteté non négociable : plus la responsabilité est haute, plus la transparence doit l’être. Ce n’est pas une vengeance de la part de Dieu, mais de la formation : Dieu façonne des serviteurs, pas des vedettes. Il brise l’orgueil, purifie les mobiles, désarme le « nous » emphatique. Parfois ça fait mal, mais c'est nécessaire.

4. L'onction et le caractère

Le même Moïse parle face à face avec Dieu (Ex 33.11)… et perd la maîtrise de soi à une heure critique. On peut avoir l'onction pour accomplir des miracles et manquer de caractère dans les moments de pression. On peut :

  • opérer sous l’onction et manquer de patience,

  • connaître la voix de Dieu et laisser nos émotions hausser le ton,

  • manier le bâton des miracles et oublier la douceur du Seigneur.

Moïse était oint, mais il n'était pas parfait. Il avait la puissance, mais pas toujours la sagesse. Il entendait Dieu, mais parfois ses émotions parlaient plus fort.

Concrètement, tu fais quoi ?

Si tu portes une responsabilité :

  1. Garde ton cœur. Un journal, un mentor, un sabbat régulier… Dépose la pression avant qu’elle n’explose.

  2. Distingue ton rôle et Celui de Dieu. Le peuple n’est pas « à toi », le miracle encore moins.

  3. Prie pour du “self-control” avant d’exhorter le groupe ; l’eau doit sortir dans la douceur, pas dans le fracas.

Si tu suis un leader imparfait :

  1. Prie plutôt que de critiquer. Les coulisses du ministère pèsent lourd.

  2. Encourage. Un SMS peut éviter un coup de bâton.

  3. Rappelle-toi la fidélité de Dieu. L’eau vient de la Source, pas du bras humain.

Conclusion

Moïse reste dans la galerie des géants de la foi (Hb 11.24-27) malgré ce faux-pas : sa faiblesse a simplement révélé la force de la grâce. Et si on profitait de ce récit pour choisir la transparence ? Nos colères indicibles, Dieu veut les transformer en sources paisibles. Parle au Rocher, ne frappe pas. Laisse couler l’eau vive ; elle est pour toi, pour eux, pour la route qui reste.

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